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01.10.2005
Quiou ty elle
Il y a déjà un bon moment que j’ai promis aux ignorants boursouflés d’inculture qui lisent ce blog par milliers, d’expliquer ce qu’est un quiou- ty-elle …
C’est donc avec force retard, mais non sans un grand plaisir que je me propose d’éclairer votre lanterne.
Tout d’abord, quiou-ty-elle (QTL) signifie Quantitative Trait Locus … nous voilà bien avancé !
Qu’est ce qu’un locus ( loci au pluriel) les latinistes pratiquants aurons tout de suite compris qu’il s’agit d’un terme désignant un endroit ou zone. Il s’agit en effet d’une zone du génome, c’est à dire un endroit précis sur un chromosome.
Pourquoi Quantitative ?…et bien tout simplement parce que cette zone a une influence sur un trait quantitatif !
-Monsieur, c’est quoi un trait quantitatif ?
- bonne question kevin !
Il faut savoir qu’en génétique, on distingue deux types de caractères, les caractères discrets et les caractères qualitatifs. Les caractères discrets peuvent prendre un nombre limité de valeurs, par exemple ( en simplifiant un peu) la couleur des yeux qui peut être marron, vert ou bleu.
Un trait quantitatif, en revanche, peut prendre une infinité de valeurs, ( la taille chez l’humain peut prendre toutes les valeurs possibles entre un mètre douze pour ma sœur, jusqu’au double de cette valeur pour un basketteur de taille standard)
Les QTL sont donc des portions de génome qui ont une influence sur un trait quantitatif. Les QTL influant sur la taille ou la masse corporelle en sont deux exemples couramment étudiés en agronomie ( trouvez moi les gènes qui influence la masse corporelle de mes poulets … et en général c’est pas pour leur faire faire un régime !)
-monsieur, comment on fait pour en trouver des QTL ?
-C’est bien là que ce se complique mon petit kevin !
Les caractères discrets résultent généralement de l’expression d’un ( ou plusieurs) gènes qui sont relativement aisés à détecter. On comprend alors par ‘gène’ : une séquence d’ADN codant pour une protéine…pour prendre un exemple qui parlera à tout le monde, il existe un gène codant pour la production de l’alcool-déshydrogénase ( protéine, et plus précisément enzyme permettant d’assimiler l’alcool absorbé en quantité parfois au delà du raisonnable chez certains individus soucieux de mettre à l’épreuve le bon fonctionnement de leurs enzymes métaboliques).
Comme tout bon gène qui se respecte, cette séquence d’ADN comporte un certain nombre de particularités qui permettent de la détecter et d’être sur que c’est bien un gène que l’on a sous les yeux (par exemple, cette séquence commencera immanquablement par le même triplet de nucléotides ATG)
Dans le cas des QTL c’est tout de suite plus compliqué. Tout d’abord ce ne sont pas à proprement parler des gènes car ils ne codent pas pour une protéine. Ceci les rend beaucoup plus difficiles à détecter. On doit se contenter de découper l’ADN en petits morceaux, et de chercher une corrélation entre la valeur du trait étudié et la présence d’un de ces fragment d’ADN. Cela devient alors assez compliqué car le trait quantitatif étudié ( la masse corporelle) peut être influencée par un grand nombre de QTL qui n’agissent pas toujours dans le même sens…et quand les effets s’annulent, on ne vois plus rien !
C’est pour cela qu’il existe des méthodes statistiques super balèzes pour faire ce genre d’étude. Je ne vous les détaillerai pas ici, moins par respect pour le compteur de votre ennui qui affiche des chiffres records depuis déjà un bon moment ( bravo si vous êtes resté jusque là), que parce que j’en serai hélas plus ou moins incapable…
20:22 Publié dans Science | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

